Le Père Bugeaud

Le Père Bugeaud Bugeaud-150x150SHAKO, L’ARTISTE !

C’est pas n’importe qui Thomas Bugeaud, qui commence sa vie comme Marquis de la Piconnerie pour la finir maréchal.

Il a un beau drapeau, Bugeaud : celui de la France qu’il fait flotter en Algérie dans les années 1830.

Il a des bons mots Bugeaud : « Le but n’est pas de courir après les Arabes, ce qui est fort inutile ; il est d’empêcher les Arabes de semer, de récolter, de pâturer, Allez tous les ans leur brûler leurs récoltes ou bien exterminez-les jusqu’au dernier. »

Il a des gros sabots, Bugeaud : « Et moi, je considère que le respect des règles humanitaires fera que la guerre en Afrique risque de se prolonger indéfiniment ».

Il dit des gros mots, Bugeaud : « J’entrerai dans vos montagnes, je brûlerai vos villages et vos moissons »…

Et Bugeaud  entra et rasa et brula, aucune moisson n’a porté plainte. Un grand maréchal était né

Pourtant, il était beau, Bugeaud. Comme tous les colons, Il sentait bon le sabre chaud et le thé à l’amante. Surtout, Il avait un shako, Bugeaud quand il était militaire. Un shako, c’est comme un chapeau de clown, sorte de képi rouge, haut, conique et tronqué, avec, avant l’invention de la feuille de chou protège-nuque, une visière à l’arrière en toile blanche qui flotte au vent pour pouvoir faire de belles photos.

Tellement elle est jolie, sa casquette, qu’elle est toujours sur sa tête, sauf la nuit où, bien que dormant tout habillé pour parer à toute éventualité, il l’échange contre un bonnet de coton. Chacun ses petites habitudes.

Une nuit, c‘est l’alerte. Bugeaud sort précipitamment se mêler à l’agitation et voir de quoi il retourne. Surpris avec son bonnet de coton, certains soldats sans aucun respect pour la hiérarchie commencent à se moquer et quand Bugeaud demande à l’un deux d’aller lui chercher sa casquette, voilà-t-y pas  que ces grands taquins se mettent à improviser :

As-tu vu la casquette, la casquette

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Le lendemain, un soldat reprend et complète les paroles sur l’air de la relève de la garde : la chanson est née. Bugeaud est con, puisque c’est son métier, mais il a l’instinct du maréchal, il en rit et adopte le refrain qui l’accompagnera en sourdine jusque dans sa tombe, car même les maréchaux sont mortels.

As-tu vu la casquette du Père Bugeaud.
Elle est faite la casquette, la casquette,
Elle est faite avec du poil de chameau.

 On peut simplement se demander quelle tournure aurait prise la chanson, si par une nuit chaude le père Bugeaud, s’était endormi avec des chaussettes trouées ou en caleçon rouge à pois.

albatros

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