Episode 7

« Hé, Robert ! Johnny Shines m’a dit que t’étais toujours sur ton trente et un, même quand tu zonais avec lui sur les routes du Mississipi. Pour dire : t’as toujours été un peu « dandy »… T’es sûr de ton histoire de Diable au Crossroad ? Hein ! Parce que c’est bien moi qui l’ai vu en premier le Diable au Crossroad… T’aurais pas copié sur moi des fois, hips ?  éructe Tommy Johnson.  Qui c’est qu’avait le plus de succès mon pote, dans le « Delta Blues  » ?

 Well I was standin’ at the crossroads,
Bon, me voilà à la croisée des chemins,
With my head hung down and cryin’;
Pleurant tout ce que je peux, la tête basse ;
Well I was standin’ at the crossroads,
Eh oui, j’étais à la croisée des chemins,
With my head hung down and cryin’
Pleurant tout ce que je pouvais, la tête basse ;
Well I was thinkin’ about my baby,
Je continuais à penser à ma poupée,
And I know she can’t be found.
Et je sais bien qu’elle a disparu.
I worked hard for my baby,
J’ai bossé dur pour ma poupée,
And she treats me like a slave;
Et elle me traite comme un esclave
I worked hard for my baby,
Ouais j’ai bossé dur pour ma poupée,
And she treats me like a slave;
Et elle me traite comme un esclave ;
Well she must be tired of livin’,
Bon, elle doit en avoir marre de cette vie,
I’ll put her six feet in the grave.
Je m’en vais l’enterrer six pieds sous terre.

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Standing at the crossroad – Elmore James

- Tu vas vraiment me foutre les boules, Tommy ! s’excite Robert Johnson. Tu sais quoi… Tu pues le « Canned heat », t’sais, ton alcool gélifié. Ouais, quand j’étais dans la ville d’Helena, j’ai bien connu Shines. C’était un mec bien. Mais il était crade, c’est tout.

- Faut se calmer les mecs ! s’interpose Son House.

- Ouais, ton coté prêcheur qui revient…Pourtant on dit que t’as suriné un gonze, Son, non ? C’était bien la prison : « Parchman Farm » ?, le coupe Blind Willie Johnson.

- J’disais que si on passe notre temps à s’engouler… Déjà qu’on ne sait plus comment le temps y passe, on va devenir fous. J’ai l’impression que cela fait des jours et des jours qu’on est là à se dire des conneries, répond Son, imperturbable.

- Euh ! Aussi des nuits que j’dis, pour le moment moi j’ai pas vu le jour encore…

- ça va venir Will, me dit Son House. Si tu veux tu pourras être le temps que tu veux dans la lumière, tu choisiras. Ben, au fait ? Qu’est-ce qu’on disait d’t’l’heure avant d’être refroidis ? Et ton clebs ? Il est où ?

- Ben ouais,  j’constate. C’est ça, j’étais en train de le chercher autour du satellite. Ben il est parti où, ce con ?

- Il a pas d’nom, ton chien, faudrait p’têt lui en trouver un. Non ? s’inquiète Blind Willie Johnson. Pourquoi on se foutait dessus, et de quoi on parlait ?… C’est vrai ça. Depuis combien de temps qu’on cause ensemble. Y avait un truc urgent, bon sang ?! Vous vous rappelez les gars ? Hé, le chien, viens là !

- L’est pas là, idiot, tu vois bien ! s’emporte Robert Johnson…

- N’empêche, Robert, si je ne t’avais pas dit que tu jouais comme une buse, t’aurais jamais progressé, Diable ou pas…Quand j’t’ai pas vu revenir de Robinsonville, là… Pas à dire, mon pote, tu m’en foutu plein les mirettes. Pour sur ! dit Son House en crachant entre ses pieds un énorme mollard.

- Pourquoi que l’clebs il est pas là ? je m’obstine. Eh, les mecs ! Faut vraiment qu’on se rappelle pourquoi je devais retourner sur terre… 

- Faut pas t’inquiéter, Will, c’est toujours comme ça quand on a été refroidi pour une connerie ; la mémoire nous revient peu après. Savez quoi ? On devrait faire un groupe. Hein ! Il s’raient tous fous en bas de savoir qu’on joue ensemble ! On va dresser le chien et… Ben il est où ? s’emmêle Blind Willie Johnson.

- Hé, Will !? Pourquoi que tu te mets à quatre pattes pour nous parler? Et arrête de remuer tes fesses comme si tu avais une queue, s’inquiète Tommy Johnson. Un peu plus tu vas uriner sur Voyager pour marquer ton territoire… Y d’vient taré les mecs ! Va falloir que tout cela se calme, on peut p’us vivre comme ça, non ? »

 Un brouillard vert m’entoure de volutes agitées par un souffle étrange. Je reconnais maintenant le bruit caractéristique des crépitements qui éclatent en cascades, comme de minuscules étoiles, pour venir strier douloureusement mes oreilles. Une odeur de souffre irrespirable pénètre dans mes poumons ; il me faut me contracter sur moi-même avant cette foutue explosion. Elle va de nouveau m’arracher mes tympans. Oh ! Seigneur ! Que dois-je choisir ? La souffrance ou le remords ? Un timide jappement sort de ma bouche… 

- « Bordel ! Will ! Qu’est ce qui se passe ? » roule des yeux Son House, en se précipitant vers moi.

Mais déjà la foudre me projette dans un ailleurs redouté. Mes membres se décomposent, mes os écartèlent ma poitrine et chaque os jaillissant m’arrache des cris inhumains. P’tain… C’est ça le Paradis Blues ? « Tu m’entends, enfoiré ?! Qui que tu sois ! Envoie-moi dans un enfer où je serai moi-même. »

People, people, people,
Les gens, les gens, les gens,
You know what it means to be left alone
Vous savez ce que ça veut dire que d’être seul
A little lovin’ is all
Un peu d’amour, c’est tout ce
in the world I need
dans ce monde dont j’ai besoin
Understandin’ in a little lovin’, baby,
Un peu d’amour et de la compréhension baby
A little lovin’ is all in the world I need
C’est dans ce monde tout ce dont j’ai besoin.
Misunderstandin’
Oui, un petit malentendu
in  a no good woman,
avec une mauvaise  femme,
They both have caused my heart to bleed
Ils ont tous deux fait saigner mon cœur

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Bleeding Heart – Elmore James

 Références des paroles sur le site « Au Pays du Blues »

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