Episode 6

          – Ho Will quand est-ce que tu auras fini de jouer avec le clebs ? s’énerve Sun House. On t’avait bien dit qu’il fallait que tu retournes parler au « froggy ». P’tain, tu perçois pas encore c’que tu dois faire ? Y a l’ « froggy » qui va se faire dessouder dans quelques minutes si tu descends pas tout de suite bon Dieu !

- On ne jure pas ici ! se cabre Blind Willie Johnson. Attends… Il est là depuis combien d’heures ? Et toi tu es déjà descendu au bout de quelques minutes comme Will ?

- Bordel faut qu’y descende, hips ! Là maintenant ! bafouille Tommy Johnson

- Où est-ce que t’as trouvé de l’alcool, bon dieu de merde ! rage Robert Johnson. Tu veux vraiment griller en Enfer.

- Y a pas d’enfer ici, bande de cons, vous le savez ! Et toi Tommy retourne à Crystal Springs t’en coller une et comme ça tu pourras jamais être heureux ici, s’exclame Sun, hors de lui.

- T’vas fermer ta bouche, comme ça on verra p’us tes chicos ! , s’esclaffe Blind Willie Johnson.

- Et comment tu vois que j’ai p’us de chicos, t’as les yeux vitriolés connard ! Tu crois que c’est sympa de te foutre de moi. Enc…. 

« Tommy Johnson ? J’ l’avais pas vu ou quoi ?! j’me fais la réflexion. Je deviens dur à la comprenette…  Et tous de rire en se tapant bien fort sur les cuisses, le ventre. Même moi, je m’gondole, c’est communicatif. Mais v’là qu’y se cognent dessus ces buses ! Le clebs, il s’amuse à leur mordre le bas de pantalon. »

- Ho ! Espèce d’enfoiré, touche pas à mon clebs ou je t’en colle une ! que je dis à Robert Johnson qui veut lui foutre une branlée.

- Ben viens ! Fils de p…

- J’arrive !, que j’dis à ce lâche.

« Oh Seigneur… Je ne peux plus me lever, les douleurs sont revenues comme sur terre. Et je suis tout à coup en train de souffrir à mort. On dirait que les autres aussi se trouvent mal. On est tous à gesticuler dans l’espace en criant à qui le plus fort. »

- Pourquoi qu’on peut p’us bouger comme on veut les mecs, je deviens tout dur, j’me paralyse c’est pas vrai ! On va mourir !? Et pour l‘gars en bas comment qu’on va faire ?

- Oh ! ILS nous ont punis… C’est trop tard pour le gonze, et… Pour toi Will ! Va falloir que l’on se rattrape. Rien à faire on peut pas leur échapper. gémit Sun House. Et moi pour qui ça allait un peu mieux. C’est de vot’ faute, bande d’idiots.

- C’est un peu facile de nous accuser, abruti … !  , s’emporte de nouveau Robert Johnson. 

Il ne termine pas sa phrase transformé en un glaçon transparent.

« D’ailleurs on est tous pareils. Mais on pense, je les entends s’exprimer tout comme moi… Et le blanc à Paris… Il va mourir à cause de moi. P’tain, un mec avec une gueule d’enfer qu’est caché derrière un comptoir de rade va lui transpercer le front avec un stylo. ça y est, je vois ce qui va se passer, mais c’est trouble encore. Oh ! Lord ! Le bloc de glace que je suis pleure toutes les larmes de son corps…Ben ouais, même dans la glace ! Ah, ça y est, on redevient normaux ! »

- Pourquoi tu dis « ILS » Sun ? , questionne Blind Willie Johnson. Il ouvre les deux mains, les yeux agrandis, pour signifier une évidence. «  Tu pourrais dire « ELLE » ou bien « ON » , puisqu’on sait pas vraiment.

- On sait bien que c’est quelque chose de vivant puisque on l’a tous vu dans nos rêves. Une sorte de gélatine qui fait peur… semble se réveiller Tommy Johnson.

- C’est pas sa forme qui fait peur, coupe Robert Johnson, c’est ce qu’elle est…

- C’est quoi ? , j’leur demande, car plus ça vient, plus je me sens largué, j’ai vraiment l’impression d’être un cancre.

- Ouais… C’est qu’elle est… J’te dirais comment… essaie de m’expliquer Tommy d’une voix lourde. T’vois même au fond des mers et près des volcans, y a quand même de la vie… C’est comme une force qui vit partout, la forme… fais pas gaffe, ça a pas d’importance… Faut qu’ça vive quoi, n’importe où, partout… Tu piges ? Et cette force c’est tellement immense que ça fout l’tournis. C’est pour ça qu’on fait des choses incroyables sur terre et ici, mais j’te dis ! ça pourrait être ailleurs. J’vous dis pas la gueule des extraterrestres qui vont ouvrir Voyager, voir le disque gravé et entendre ta chanson, Willie. J’te dis pas… Tu serais mort de peur ou de rire. T’imagines une paramécie qui frétillerait en écoutant « Dark was the Night, Cold was the Ground? » ou un alien à plumes qui vomirait du sang vert dès la première note ?! 

« Nous v’là tous repartis à se bidonner en poussant des cris de bête qu’on imagine plus horribles les unes que les autres. J’commence à intégrer qu’y faut pas trop se poser de questions, faut faire quoi ? … ça va déjà un peu mieux dans ma tête, et j’suis p’us tout seul ! Mais les autres quand y auront « payé », j’vais rester là dans l’espace comme un plouc à r’garder les étoiles dans le silence ? Nan, pas question, Will, sauve tes os, ton gamin et c’con de clebs qui me lèche les mains comme si j’étais l’Bon Dieu. C’est quoi ta gueule, Dieu ? Toi aussi, tu frétilles comme une paramécie gélatineuse ? P’tain, j’étais bien en bas…  Et v’là que je sens mon cœur qui se gonfle de tristesse ? Mes mains se posent sur mon front pour cacher mes yeux mouillés, mes spasmes, mes cris, mes sanglots. Oh Lord ! J’veux r’tourner en bas, embrasser mon fils, même cette garce qu’était ma femme, ouais ! Pitié Seigneur ! J’ai tellement honte que les autres me voient… Y pleurent aussi ces cons… Ouais ! L’clebs, t’y mets pas aussi ! Oh ! Les regrets …J’préfère encore hurler de douleur… Nan ! Pas les regrets, pas ça! » 

 Won’t somebody tell me, answer if you can !
Je ne veux pas que quelqu’un me dise, réponds si tu peux !
Want somebody tell me, what is the soul of a man
Je ne veux pas que quelqu’un me dise, ce qu’est l’âme d’un homme
I’m going to ask the question, answer if you can
Je vais te poser une question, réponds si tu peux
If anybody here can tell me, what is the soul of a man?
Si personne ici ne peut me dire ce qu’est l’âme d’un homme
I’ve traveled in different countries, I’ve traveled foreign lands
J’ai traversé différents pays, j’ai traversé différentes régions
I’ve found nobody to tell me, what is the soul of a man
Je n’ai trouvé personne pour me dire ce qu’est l’âme d’un homme
I saw a crowd stand talking, I came up right on time
J’ai vu la foule en train de parler, je me suis levé directement à temps…

Image de prévisualisation YouTube

(The Soul of man – Blind Willie Johnson)

Laisser un commentaire




adminsam |
applifiesta |
playlistpartyfun |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | harmoniedecartignies
| zeropanda
| lesamis01