K! et Karine Zarka

Finalistes brillantes du Tremplin Reims Oreille 2014, vous sortez toutes les deux un album.

Pour K! (Karina), c’est « Entre mes Jambes », pour Karine Zarka, c’est « Folles Sagesses »

Vous pourriez nous expliquer le choix de ces titres ?

Karina

                « Entre mes Jambes » fait référence au tableau de Courbet « l’Origine du Monde », nu, sans fard, se voulant à la fois choquant et naturel… Ce tableau réaliste avait choqué à l’époque et on comprend pourquoi ! Tous les peintres avaient jusqu’alors tenté de cacher cette partie anatomique de leurs modèles alors que Courbet ne montre que cela. Ce tableau est donc un modèle unique et, en même temps, comme l’image est cadré sur l’entre-jambe de cette femme, elle peut représenter n’importe quelle femme. L’idée était donc de rassembler des chansons très personnelles tout en parlant de sujets qui concernent toutes les femmes…
De plus, je voulais aussi jouer avec l’expression « ne pas en avoir entre les jambes » qui signifie manquer de courage… et pour être artiste, il faut en avoir entre les jambes, non ?

Image de prévisualisation YouTube

Karine Zarka

                J’avais envie de parler des différentes personnalités que nous avons tous en nous.
Rien n’est tout blanc ou tout noir. Rien n’est tout juste ou tout faux. Nous ne sommes pas sages ou fous.
Nous sommes un mélange de tout ça.
L’album est un mélange de tout ça.

… et pouvez-vous nous dire deux mots de la pochette ?

Karina

                Nous avons travaillé la pochette en collaboration avec Freddy Cats, ami et graphiste montreuillois. L’idée de récupérer cette photo de Nathalie Wood m’a beaucoup plu. Associer ce visage angélique avec une arme. La pochette représente le point d’exclamation de K !. elle est directe, provocante, elle regarde droit dans les yeux l’autre, la vie…

Karine Zarka

                Sur la pochette de l’album, je suis nue, ligotée, ficelée, avec un large sourire.
Je voulais un visuel qui reprenne l’idée générale de l’album : un album éclectique, aussi bien dans les musiques que dans les thèmes abordés, un album contrasté, qui oppose les genres.
Je ne voulais pas qu’on me colle une étiquette, ni rentrer dans une case ou un tiroir. Et puis, il y a aussi l’idée de me mettre à nu dans cet album, d’être authentique, d’être moi.
Aujourd’hui, la femme est une parfaite ménagère, une travailleuse, une merveilleuse mère, une magnifique femme et une bonne maitresse.
Une foule de contraintes nous enferme, mais il y a toujours une sortie possible, un sourire dans l’enfermement.

 

Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Karina

                Je ne suis que la moitié de K ! Longtemps chanteuse de cabaret, j’ai officié dans beaucoup de groupes rock, mais je n’avais jamais écrit mes propres chansons. Il y a trois ans, la vie a fait que je me suis retrouvée avec un piano, seule, et j’ai commencé à cracher, à écrire les premiers titres.
Jérémie, l’autre moitié de K ! , est arrivé à ce moment-là. Il est le metteur en son du projet. Il est le seul qui comprenne, qui décrypte… il est l’alchimiste sonore : quand je lui parle de mes histoires, il entend des sons, quand je lui parle image, couleur, il joue ce que je ressens. C’est très rare de rencontrer quelqu’un avec qui vous avez vraiment envie de travailler, de communier musicalement. C’est précieux et c’est ce qui fait, aussi, que ce projet est une si belle aventure pour nous.

Karine Zarka

                Je suis tout ce que j’ai écrit au dessus et même plus…
Mon parcours….mmmm ! Après avoir chanté avec le groupe Évasion et Michèle Bernard, j’ai eu envie d’écrire mes histoires, mes chansons.
C’est en 2007 que je sors mon premier album « 5 jours sur 7″ et en 2013 mon deuxième opus « Folles Sagesses ».

 

Quelle idée vous faites-vous de la chanson francophone ?

Karina

                Je n’ai jamais pensé, réfléchi la chanson comme rangée dans des cases… qu’elle soit francophone, anglaise, électro, rock ou acoustique… La chanson est la chanson ! Les classifications sont des cases commerciales pour ranger les disques à la FNAC.
Chez moi, Gainsbourg est à côté des Beatles, William Sheller est à côté des Doors. Et finalement les artistes « francophones » que j’affectionne le plus sont belges : Jacques Brel et Arno ).

Image de prévisualisation YouTube

Karine Zarka

                Question compliquée. La « nouvelle » chanson francophone apporte un vent frais.
Elle est multiple, métisse, engagée, légère.
Elle s’éloigne peut être un peu de la vieille France et permet une ouverture sur le monde en mélangeant les genres, les langues, les cultures.

 

Quelles sont vos influences ou modèles au niveau de l’écriture ??

Karina

                Le premier artiste qui me vient à l’esprit est Arno, mais il y a aussi Sheller, Bashung, Boris Vian, Brel, Jack White, Sufjan Stevens, Tom Waits, Nina Simone, Mistinguett, Fréhel.
Des fois, je m’émerveille de la simplicité des mots et de la force de la chanson.
La chanson d’Arno sur sa mère, par exemple, me fait pleurer à chaque fois que je l’entends. J’aime les textes qui racontent des histoires.

Karine Zarka

                J’ai commencé à écrire sur un cahier intime, j’avais 12 ans.
Depuis, je n’ai cessé d’écrire : des lettres d’amour, des histoires d’amour, des histoires tout court.
Quand la musique des mots a rencontré la musique du piano, mes premières chansons sont nées et ont eu du sens.
Mes lectures sont variées, j’adore les poèmes de Verlaine, Baudelaire, Hermann Hesse.
J’aime Kuroyanagi, Murakami, James Redfield, Philippe Delerm.
Mes écrits sont un mélange de tout ce que je peux lire et observer, tout cela passé dans le prisme de ma sensibilité.

Image de prévisualisation YouTube

 

Quelles sont vos influences ou modèles au niveau de la composition musicale ?

Karina

                Les musiques de films !!! Je suis toujours aussi béate quand le mariage est parfait entre l’image et le son. Morricone/Leone, par exemple, ce n’est plus de l’admiration mais on est proche du traumatisme ( sourires ). Et puis évidemment Prokofiev, Leonard Bernstein, Vangélis, Kurt Weill, Les Doors, Velvet Underground, David Bowie, mais j’ai aussi écouté beaucoup de new wave dans les années 80 (Cure, Blondie, New Order, Propaganda, Eurythmics, Art of Noise). Les années 90 m’ont amené, entre autre, Nirvana, Rage against the machine, Prodigy …
Et puis, il y a tout ce que mes parents me mettaient entre les oreilles quand j’étais petite et qui a forcément marqué mon empreinte musicale. Ma mère écoutait beaucoup de variétés (Sheller, Gainsbourg, Moustaki, … ) . Ce qui fait un vrai mélimélo.

Image de prévisualisation YouTube

Karine Zarka

                J’adore Janis Joplin, Arno, Arthur H, Billie Holiday, Ray Charles, Idir, Toto, Gary Moore.
Ma musique c’est un mélange de tout ce que j’écoute et qui me fait vibrer.

 

Et vos influences ou vos spécificités au niveau vocal ?

Karina

                C’est assez drôle parce que la première fois qu’on écoute un enregistrement de sa voix, on est toujours un peu déçu… J’aurais aimé avoir l’amplitude vocale de Nina Hagen, le grain de voix de Billie Holliday, mais finalement, je chante comme Karina… Je m’y suis faite avec le temps.
Et puis l’important, c’est ce que la voix véhicule, l’émotion qui passe au travers…

Karine Zarka

                J’ai une voix plutôt chaude et un ambitus assez large.
J’aime chanter du jazz, du blues.
J’adore improviser vocalement…faire des bœufs avec les amis en soirée.
J’aime m’amuser avec ma voix.

 

Comment créez-vous vos chansons ? Comment les mettez-vous en musique et en scène ?

Karina

                J’ai remarqué que j’écrivais surtout le matin très tôt… je laisse mes mains trainer sur le clavier… un accord… une note.. une image… une histoire arrive et après tout se bouscule… je crache.. j’écris vite… quand je décide par avance de parler d’un sujet qui me tient à cœur, ça ne marche pas, je bloque. Mais quand je laisse faire, quand je lâche prise… les mots et les mélodies viennent… cet état de création est assez étrange, presque enivrant, magique et thérapeutique. Puis, je confie le squelette à Jérémie, on en parle, et les premiers sons arrivent, comme des vêtements que l’on pourrait mettre sur un bébé… un perfecto pour celui là, une jupe flanelle pour un autre… à chacun sa tenue !
Pour la scène, l’important est de trouver un juste équilibre entre les sons synthétiques et les mots, les émotions. On fait ça de la manière la plus naturelle possible. Pas de mise en scène, mais à chaque fois, essayer d’être vrai, d’être sincère… Il ne faut pas que les concerts qui se suivent soient des photocopies de photocopies, chaque fois plus pâles et moins lisibles. Chaque concert doit être un original !!! C’est ça le plus difficile !

Karine Zarka

                Je perds du temps, je tue le temps, je prends le temps d’observer, de scruter, d’écouter et… je note, je griffonne des idées.
Je suis souvent sur la route et dans la voiture j’enregistre des bouts de mélodies qui rencontrent mes bouts de textes.
Je les reprends plus tard, je les retravaille. Je fais grandir mes petits bouts avec de la patience et du travail.

 

Dans vos chansons, la langue française n’est pas seule : pourquoi d’autres langues ?

Karina

                Ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas les paroles qu’on ne comprend pas la chanson  J. Il y a deux chansons dans mon répertoire (pour l’instant) qui sont en langues étrangères. Kensington Park est en anglais. C’est une chanson sur Peter Pan et Wendy, un hommage à James Barry, donc, cela me paraissait naturel de l’écrire en anglais. Et puis, il y a Mein Mann, qui est un clin d’œil à Nina Hagen. L’idée de chanter en allemand m’amusait beaucoup.
C’est surement aussi une manière de ne pas vouloir être mise dans une case… la fameuse case de la chanson française !

Image de prévisualisation YouTube

Karine Zarka

                Mes parents sont Juifs-Tunisiens, encore un beau mélange. Depuis mon plus jeune âge, je baigne dans les fêtes juives et les chants orientaux. Mes parents parlent l’arabe et l’hébreu couramment.
J’ai eu envie de mélanger mes origines en musique sur ce 2ème opus et de me rapprocher de mes racines.

 

Pourriez-vous choisir deux titres de vos albums et nous les raconter ? 

Karina

« La femme en boite » : cette chanson raconte l’histoire d’un couple de magiciens très touché par la crise et qui ne s’en sort pas. Le Magicien a alors une révélation et achète une boîte à couper les gonzesses. Il convainc sa compagne de monter ce nouveau spectacle et la coupe en deux tous les soirs. Le spectacle marche du tonnerre et ils deviennent riches. Mais elle ne supporte plus qu’il la découpe. Elle se sent diminuée, utilisée, ridiculisée. Elle l’entend affûter ses scies et se sent de moins en moins rassurée. Elle menace de le quitter pour épouser un ostéopathe.
Cette petite fable est une allégorie. J’avais très envie de parler de ce que notre société vit actuellement et des moyens que les gens utilisent pour s’en sortir, n’hésitant pas à se servir de leur corps comme seule façon de gagner de l’argent. L’exposition des corps est devenue ordinaire, la télé réalité, les grandes affiches dans la rue, la prostitution… Le corps est culte et, en même temps, il n’a jamais été aussi peu respecté.
« Kensington Park » : Kensington Park est un conte. Il raconte Wendy, harcelée par les voix des adultes qui lui disent qu’il est temps pour elle d’être responsable, d’oublier le pays imaginaire, de trouver un vrai travail, de devenir une vrai femme, mais Wendy ne veut pas grandir..  pas trop vite… pas encore… Laissons à nos enfants le temps de devenir grands… laissons le temps à l’innocence, au jeu, au rêve… Tout passe si vite…

Karine Zarka

« Un printemps à Tunis »: cette chanson parle du printemps arabe, de la révolution du jasmin.
Lors d’un voyage à Tunis en 2009, j’ai croisé un jeune pêcheur qui m’avait glissé secrètement qu’il était difficile de parler librement en Tunisie et qu’il avait choisi de faire ce métier, car il n’y avait qu’un seul lieu où il se sentait en liberté: en mer.
On parle de révolution du Jasmin, car le jasmin est une fleur qui se cueille avant l’aube et très rapidement. Le refrain est en arabe « rihat el hawa bel yasmin », l’odeur du jasmin dans l’air.
Cette chanson est pleine d’espoir et elle a un sens tout particulier en ce moment, car les Tunisiens viennent d’adopter une nouvelle constitution.

Image de prévisualisation YouTube

« Un ami comme toi » : Une rencontre fortuite sur un quai de gare, une rencontre juste avec les yeux, juste avec un sourire. Une rencontre banale qui est devenue une histoire peu banale…

 

On les retrouve où et comment, vos albums ?

Karina

                « Entre mes jambes » est disponible en version numérique sur toutes les plateformes ( itunes, deezer, spotify… ) . Nous le vendons à la fin de chaque concert (avec câlin offert ).

Sinon, si vous êtes sur Paris, vous pouvez trouver le vinyle chez international Records et, si vous êtes sur Montreuil, il est en vente à la rôtisserie de la Mairie (meilleur boucher de Montreuil d’ailleurs, en tout cas, le plus rock n roll, c’est sûr) et chez L’Amitié Rit (meilleur caviste bio de Montreuil). Je sais que ce n’est pas commun comme dépositaire, mais ce sont des petits commerçants que j’adore et puis qu’est ce qu’on ne ferait pas pour ne pas faire comme tout le monde. J

Karine Zarka

                Vous pouvez trouver mes albums sur mon site: karinezarka.com et sur scène après les concerts.

Image de prévisualisation YouTube

Laisser un commentaire




adminsam |
applifiesta |
playlistpartyfun |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | harmoniedecartignies
| zeropanda
| lesamis01