Guillo en 20 questions et autant de réponses !

26022014

1. Qu’est-ce qui te fait chanter ?

Un besoin vital, une envie, une force tombée un jour par hasard dans ma vie…ou pas ? 

 

2. Qu’est-ce qui te fait écrire ?

L’amour des mots, l’amour des autres, la forme et le fond.

Et une certaine prétention à vouloir communiquer mes sensations, mes émotions aux êtres humains que je croise.

 

3. Qu’est ce qui te pousse à monter sur scène ?

Enfant, j’habitais un logement de fonction au dessus d’une école maternelle. Le bâtiment était situé en plein milieu d’une cité HLM de la banlieue nord, à Gonesse. Nous étions le « centre du monde », encerclés par par ces immeubles dont nous avions, nous aussi, une position dominante : je me dis parfois que je vais chercher sur scène ces images de l’enfance qui furent mon quotidien, mon paysage pendant 16 ans. En bref, du bon gros narcissisme et rien de plus !

 

4. Y a-t-il une chanson de toi que tu préfères à toutes les autres ?

J’ai une tendresse particulière pour Si j’étais Marty McFly, qui a l’avantage de bien me présenter. Elle un côté intemporel et c’est la seule chanson que j’ai gardée à mon répertoire depuis près de 5 ans. Toutes les précédentes ont fini aux oubliettes. Ce titre a été comme une base, un pilier de ce qui est devenu mon album Super 8 : le temps, l’enfance, l’amour et le clin d’oeil aux années 80. 

 

5. Y en a-t-il une que tu regrettes ?

Non. Toutes les chansons, bonnes ou mauvaises y compris les textes avortés (j’en ai un paquet dans mes tiroirs) sont importantes. Souvent un bon titre est le résultat de plusieurs essais inachevés ou complètement ratés, de bouts de phrases jetés, d’un thème abordé trop maladroitement mais qui resurgira sous une autre forme un jour ou l’autre. 

 

6. Sur quelle chanson travailles-tu en ce moment ?

Je viens de terminer une musique pour le texte d’une amie rencontrée il y a quelques mois à Astaffort. La chanson s’appelle Citadine. 

 

7. Quelle chanson n’as-tu pas encore réussi à écrire ?

La prochaine.

 

8. Quel est ton mot favori ?

Phénomène. J’ai réussi à le placer dans un des titres de mon prochain album.

 

9. Quelle mélodie aurais-tu aimé composer?

Celle d’un film avec Pierre Richard. Le grand blond ou La chèvre. Un truc à la Vladimir Cosma quoi !

 

10. As-tu un « modèle » et qui est-il?

Je me sens proche de Claude Nougaro. Et de Francis Cabrel également. Pour leur œuvre et aussi pour leur art de vivre, leur philosophie de gars (presque) ordinaires, humains.

J’ai beaucoup lu sur ces deux là, j’ai tout écouté ou presque, en long en large et en travers. J’ai suivi le deuxième sur quelques dates de sa dernière tournée et on se croise encore de temps en temps, par le biais de son association Voix du Sud. Cet homme est exigeant, talentueux, riche, célèbre, respecté, mais reste malgré tout un « Monsieur tout le monde » qui a gardé contact avec la réalité. Discret, agréable et généreux.

Quant au premier, j’ai eu la chance de travailler, au début de ma carrière, avec un de ses batteurs et fils spirituels : Francis Lassus, qui m’a raconté Nougaro et m’a transmis, je me plais à le croire, un petit bout de lui. Mon grand regret est de n’avoir jamais vu le taureau sur scène. 

 

11. Qu’est-ce que tu aurais aimé être ?

Cuisinier.

 

12. Quand as-tu décidé de franchir le pas et la rampe ?

Le jour où on m’a demandé si je voulais chanter, en anglais et en français dans un groupe de rock, le Froggy Horror show. C’était en 96, à Pau. Premières compos, premières répétitions le jeudi soir à l’écart de la ville, dans des locaux qui étaient situés sur un domaine équestre !

Premières scènes aussi, et les cours à la FAC qu’on suivait de moins en moins chemin faisant…

 

13. Préfères-tu le disque ou la scène ?

La scène. On y rencontre plus de gens.

 

14. Quelle est la plus grande salle où tu as chanté ?

Le Zénith de Nantes en 2008, devant 6000 personnes venues applaudir Francis Cabrel…un souvenir impérissable.

 

15. Es-tu plutôt texte ou musique ?

Les deux. Même si j’aime bien fricoter de temps en temps avec d’autres artistes (Ceux qui se laissent faire)

 

16. Qu’est-ce qui te rend heureux ?

Un plat de Cannellonis aux épinards, du Rioja et des gens que j’aime.

 

17. Qu’est-ce qui te rend triste ?

La télévision, quand j’ai le malheur de croiser sa route chez des amis.

 

18. Quel est ton souhait le plus cher ?

Voir grandir mes enfants et partir tranquille à 99 ans, la veille de mon anniversaire.

 

19. Quelle est ta plus grande crainte ?

Partir brutalement avant 99 ans et ne pas voir grandir mes enfants.

 

20. Quel est ton rêve fou ?

Remplir un Zénith à moi tout seul ;-)  

 

 




Tremplin 2014 : Les finalistes…ses

4012014

Ils étaient encore nombreux à vouloir venir chanter à Reims dans le cadre de notre tremplin Reims Oreille 2014. Il y avait beaucoup de talents, à des niveaux divers de maturité, dans ce lot de candidats. Il n’y avait rien à jeter, plein de choses agréables, sympathiques, prometteuses.

Mais… il n’y avait de place que pour quatre, quatre finalistes à trouver et non pas beaucoup d’autres à éliminer. Et on les a trouvés… ou plutôt trouvées !

Probablement que cela a tenu à pas grand-chose. A un soupir, à un accord (sûrement mineur en plus), à une bonne note au bon moment. A un mot, ni grand, ni gros, ni d’ordre, mais qui s’est donné à l’instant où on l’attendait.

Mais, au-delà de toutes ces incertitudes, ce qui est sûr, c’est que nos finalistes ne voleront pas nos applaudissements et qu’une fois encore, notre tremplin restera une soirée comme on les aime : de caractère, d’émotions, de découvertes, de convivialité, de générosité, de croque-monsieur.

Et cette année encore, pour la finale du 31 janvier 2014 au Flambeau, elles seront quatre… !

Flo Zink

Auteure, interprète et comédienne, Flo Zink fait partager sur scène son monde fantaisiste et poétique, nourri de voyages, de danses, de rencontres. Un regard amusé, parfois décalé sur les êtres que nous sommes, mais aussi tendre et sensible.

Ils ont dit : « Simplicité et décontraction apparentes, belle efficacité » – « Très fine écriture, belle voix »  – « Mélodies agréables, textes recherchés, poésie, humour »

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K!

Entre Fréhel et Nina Hagen, K! est une chanteuse réaliste et surréaliste, burlesque et tragique, qui donne de la voix et s’instrumente électro. Entre claque et caresse ! Et derrière la K-resse, K! K-jole et K-tapulte

Ils ont dit: « Une grande originalité dans la facture (bonne interprétation, textes intelligents, arrangements efficaces) Kurt Weill revu par Nina Hagen » – « Beaucoup de maturité, forte personnalité, très bonne mise en place musicale, donne envie de découvrir plus »

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Karine Zarka

Karine Zarka écrit des textes drôles, émouvants, percutants qu’elle interprète avec son corps et sa voix chaude. Elle chante, danse, nous fait voyager dans son univers balancé entre des intonations jazz, pop, rock dont on ne ressort pas indifférent.

Ils ont dit: « Une vraie chanteuse à la voix sure » – « mélodies variées, forte personnalité » – «  Très musique du monde ! Personnalité prenante, voix harmonieuse » – « J’aime beaucoup et j’aimerais bien la voir »

Marianne Masson

De la poésie, de l’humour et beaucoup d’émotions. Les chansons de Marianne Masson possèdent un charme et un parfum d’une fraîcheur et d’une légèreté qui font encore aimer la route de la vie.

Ils ont dit : « Mélodies entraînantes, textes intéressants, bonne orchestration » – « Une voix sûre et des potentialités, des rythmes variés,-musiques très agréables avec guitare, piano et flûte »

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Myriam Boyer est Fréhel

26062013

Dimanche dernier, nous entreprîmes à quelques-uns une descente sur Paname. Après un créneau d’enfer rue Froidevaux, nous accostâmes rue de la Gaité, dans ce froid et triste printemps parisien ! Paris, lève-toi, c’est Reims Oreille qui vient te voir !

Dans un petit théâtre du quartier, en compagnie du Clovis, nous assistâmes à la représentation dominicale réservée aux pôv’rinciaux. Sur scène, une vielle dame, une Pervenche devenue Fréhel, mi camée mi bourrée, interprétée par Myriam Boyer, s’adressait à une jeunette qui voulait chanter :

 « Tu chantes pour qui, là ? Tu m’entends ?

Ton public, il est où ? Pourquoi tu me r’gardes pas ? Tu chantes pour les murs ? T’es plantée là comme un pantin, tu m’ singes comme un comique troupier !

Tes yeux sont des fusils et moi ton gibier. Je veux m’ sentir en danger, parce que tu me parles de moi au plus profond, tu m’ fous à poil. Alors respire ! Je veux voir le désir gonfler là-dedans.

T’as déjà été amoureuse ? T’as souffert ? T’as ressenti ces nœuds qui te prennent aux tripes ? La gorge qui se serre à cause de l’angoisse quand tu penses à celui que tu ne reverras plus ? Ou si t’es heureuse, parce que tu aimes et qu’il t’aime, alors pense à l’émotion que te provoque l’absence de celui que tu vas revoir sous peu.

T’es pas n’importe qui. Tu CHANTES… Pour ceux qui sont là !  Ils sont venus te voir, toi, et ils attendent comme des piafs attendent la becquée. Ils veulent becqueter du vécu, du ressenti, de l’émotion qui leur rappelle les leurs. Ils aiment qu’on parle d’eux, c’est le reflet de ce qu’ils vivent. N’oublie jamais…

Regarde leurs yeux, grand ouverts. Prêts à en prendre pour leurs sous. Et à t’en donner aussi !

Harangue-les, remue-les. Et ne cherche pas à les berner, à leur chanter des mauvaises complaintes. Ils les connaissent par cœur. Sinon ils te virent et hop ! En un rien.

Souviens-toi : sans eux, tu n’es rien… »

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Sur ces bonnes paroles, nous allâmes faire un tour chez les voisins du Montparnasse, saluer la belle Joëlle, car on avait encore rêvé d’elle, chatouiller les grandes oreilles du beau Serge. On aurait bien aimé trinquer avec le père Carmet, mais on l’a pas trouvé. Reiser non plus. On a raté aussi Baudelaire et Maupassant. On est bien passé devant le Jean-Saul et sa Pimone, on s’est pas arrêté, y avait du monde !

Et comme ça caillait, on s’est cassé ! On a atterri sur le périph. C’est là que le dimanche les Parisiens tournent en rond, du matin au soir. Ils partent à l’aube naissante dans un sens et ils reviennent aux aurores de l’autre côté !

Quel bordel ! Encore heureux qu’avec notre pilote habitué aux bouchons de la place d’Erlon on s’est faufilé entre les mailles. Quai d’Ivry, on est sorti. On n’a pas vu la Scène, ils avaient dû la démonter. On a cherché partout, dans le petit Ivry, la statue de Maurice Thorez, comme nous l’avait raconté Manu Lods, mais on n’a rien vu. Encore une connerie de chanteur ! On a aperçu, en face du moulin, une lumière rouge et noire qui sortait du Forum monégasque, mais on est pas rentré, on n’était pas habillé pour la chanson à texte !

Au bout d’une heure, on a aperçu les lueurs de la ville. Bien contents de retrouver la civilisation. Mais on garde en mémoire les paroles de la vieille en guenilles… et on se dit que c’est de la chanson comme ça qu’on veut, nous les pôv’rinciaux ! Faut pas chercher à nous berner avec des refrains à la con !

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CL




Spectateurs

13032012

Eux, bêtes de scène, halo de lumière, feu de la rampe, belle présence scénique, centre du monde, quel talent, quel génie, quel métier, applaudissements, bis, rappel et dix de der, etc.

Oui, mais en face, assis, bien sages… Bêtes de salle, dans l’ombre et le silence, yeux de papillons tournés vers la lumière, présence indispensable et tant espérée, absence redoutée, raison de (sur)vivre du centre du monde…

C’est bien vous qu’on attend, qu’on souhaite le plus, dont on craint le renoncement de dernière minute, le désistement de la dernière heure, dont on espère l’arrivée à l’improviste, pour qui on dévalise une école maternelle de ses bancs,  pour qui on reste debout dans le couloir, pour qui on colle et recolle, on alerte la presse, on émaile et on bouche-à-oreille…

Vous, tous pareils et différents. Pour qui le spectacle est un moment de plaisir, d’émotion, de rires et de larmes. Tous assis dans le noir, comme des ombres, attentifs, tous semblables, mais si différents…

Il y a là, assis du premier au dernier rang :

– Le curieux qui vient voir tout pour tout voir, pour ne rien rater

– La discrète qui réserve la première, toujours présente, avide de découvertes et qui remercie discrètement en attendant la prochaine

– La photographe aux flashes redoutables et au zoom redouté, sans qui la star ne serait qu’une ombre, un souvenir dans le noir, c’est elle qui nous met les souvenirs en couleurs

– L’enregistreur de tout ce qui chante, le chasseur de sons, pour qui le trou de mémoire, le bafouillage, le fou rire, voire la chute inopinée de l’artiste, sont des prises uniques, des perles rares

– Le spectateur engagé qui ne vient que quand il est question de révolution ou de mot d’ordre, parce que la chanson, c’est la lutte, turlututu !

– Le spectateur militant qui crache sur sa télé, bâillonne sa radio, brûle son journal et ne rate pas un rendez-vous de la chanson vivante

– Lui, qui, même absent, envoie son chèque pour que l’aventure ne s’arrête pas… et l’autre, toujours absent, qui viendrait bien, mais qui n’ peut point !

– Lui, l’amateur de chansons z’à texte, et elle, la matrice de chansons z’à musique !

- Lui qui sait tout, qu’a déjà tout entendu depuis des années.

- Elle qui n’ savait même pas qu’on chantait en dehors de la télé

http://www.dailymotion.com/video/x57k90

Vous, qui aimez quand ça chante, quand ça joue, quand c’est vivant, qui vous réjouissez quand ça marche, qui craignez que ça foire, mais qui osez venir…

Vous, les fourmis qui permettent aux cigales de chanter plus d’un été.

Vous, sans qui… ils ne seraient presque rien, nos albatros aux ailes de géants !

Vous, sans qui… les salles resteraient sourdes et muettes !

Vous,  sans qui on rame comme des malades, on compte et recompte la misère de la caisse sans pouvoir joindre les deux bouts,

Vous, sans qui on se demande à quoi ça sert que l’Assoc’ se décarcasse !

 

C. L.

Spectateurs dans Des paroles... albatros




J’y étais…

5012012

Je viens d’avoir 20 ans et quelques mois encore inutiles. Je viens d’apprendre que la tournée de Georges Brassens va passer par ma ville, Reims en l’occurrence, parce que tout le monde n’habite pas Toulouse. On est parfois et déjà sérieux quand on a 20 ans, il est donc hors de question de rater ça.
J’ai toujours 20 ans et je suis devant le cinéma Empire, reconverti depuis en multi-pop-corn. Nous sommes le 20 février. Ma future épousée a accepté, pour me faire plaisir, de m’accompagner. A cette époque elle préfère de loin Jacques Brel et Aznavour… Dans la file, je suis à la fois impatient et curieux du spectacle qui m’attend : impatient, parce que, depuis que j’ai entendu, un jour, un faiseur de chansons me dire qu’il était tendre d’ouïr à deux le chant joli de l’eau du ciel, je savais que j’allais rester longtemps accroché au bonhomme et que rater un de ses passages à portée de bus pouvait relever d’outrage au bon goût.
En même temps, je m’interrogeais. Je savais que Georges jouait peu les clowns sur scène et secrètement j’avais un peu peur d’un récital statique, d’un défilement de chansons sans rien de plus de sensations qu’à l’écoute d’un disque. J’avais depuis quelque temps un électrophone dont je tairais la marque, mais c’est celui avec le haut parleur dans le couvercle. A coup de quarante cinq tours et de vingt cinq centimètres (Je crois que son premier trente centimètres n’est pas encore sorti, qui sortira – avec les copains d’abord – en fin d’année) achetés, je connaissais toutes ses chansons par cœur.
20 ans, c’est encore un peu l’âge bête. En entrant dans la salle, j’avais ce sentiment très fort (et même très fort) et prétentieux que j’étais quasiment le seul à comprendre le monsieur, à apprécier ses finesses, ses rimes, ses mots, son esprit, sa philosophie. Les autres n’étaient là que par snobisme, pour être à la mode parce que ça faisait bien de dire qu’on avait assisté à un concert d’un Brassens qui, il y a encore peu, paraissait sulfureux et sans musique aux oreilles de certains.
Sièges confortables. En première partie j’ai le souvenir de Boby Lapointe.

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 J’ai appris depuis que Christine Sèvres et Petit Bobo faisaient également partie de la première partie.

http://www.dailymotion.com/video/xcmk3v

Bonbon, caramel, chocolat… C’est l’attente, le meilleur…
C’est peu dire que la deuxième partie fut de la grande deuxième partie. J’ai peu de talent pour expliquer l’inexplicable. Probablement que doucement un climat s’est installé dans cette salle. A la fois discret et enthousiaste. Comme une communion. Un air impalpable, un courant. Le visage qu’on connait de Georges en train de chanter, compris tous ses sourires de connivence, irradiait le public et le public en devenait phosphorescent. Quasi béatitude. Je me souviens très clairement m’être retourné à un moment : derrière moi j’ai vu des regards, des mines réjouies, des sourires de bien-être. Peut-être, finalement, tous ces gens méritaient-ils ce qu’ils étaient venus entendre et voir. Ce soir-là j’avais mésestimé mes compatriotes. J’aurai d’autres raisons de le faire plus tard, mais ce soir-là le public avait, comme on dit, du talent.
Et sur scène Georges Brassens n’arrêtait pas. Les chansons défilaient, s’enchaînaient et, plus il chantait plus, on lui demandait de le faire. Une petite trentaine au bout du compte. Pas mal pour une deuxième partie.
On parle encore dans les chaumières de ce concert et « les amis de Georges » recopiait, il n’y a que quatre ans, l’article du journal local : « Rarement dans cette salle, un chanteur avait remporté un tel succès, soulevé un tel enthousiasme : vingt-huit chansons, prés de deux heures de présence sur scène et ce, non pas au cours d’un récital, mais dans une seconde partie de spectacle ; ce sont des choses qui n’arrivent pas tous les jours. Brassens, on ne voulait plus le laisser partir, et, à deux heures du matin, il signait encore des autographes dans sa loge, distribuant des poignées de main à une foule qui tenait absolument à lui exprimer son admiration. »
Le 20 février 1964, à l’Empire à Reims.
J’y étais.

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La fille qui m’accompagnait a avoué en sortant que ce soir-là le mauvais sujet lui était entré dans le cœur. La vie en commun devenait envisageable.

Jean-François Capitaine

J'y étais... dans Des paroles... albatros




Trente ans

1012012

Trente ans qu’il est parti, en toute discrétion, en toute modestie. Et ça fait à peine dix ans que je le connais ! Je l’ai découvert au hasard des colis postaux. Sur une cassette audio envoyée par un pote du bout du monde, quelques chansons, de ces chansons qui vous arrachent, qui vous attachent, qui ne vous lâchent pas dès la première écoute. Des trucs simples, presque évidents, des mélodies qui s’imposent et cette voix, unique, toute en ironie et malice.
Trente ans dans Des paroles... Riffard_album_01 Ça parle de petits trains qui ne vont pas loin, d’amours qui restent en gare, de pâquerettes et de marguerites, de margelle, de belles inconnues qui le restent, de Jules et d’Etienne, de petite maison qu’il n’aura jamais, de copains gentils garçons, de cambrousse, etc. Tendresse à tous les étages, autodérision au rez-de-chaussée. Qu’est-ce qu’il fait, qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là ? aurait dit Pierre Vassiliu.

A la même époque, je découvre en chanson un bon gars pas dégueu, qui chante les Maryse et les Olga, les binettes des Antoinette, les Charlotte et leurs rimes en –otte, les amours foireux des Claire et Clément et qui vante la drague à Nancy !
Même univers que le précédent, même amour simple du mot sans chichi, même envie de partager avec les potes les rimes et les notes. Des chansons qui régalent, qu’on connaît sans le savoir, avec ce même goût de reviens-y. Même sourire complice dans l’œil, ce sourire que cachait Brassens sous sa moustache.
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Le premier, je ne l’ai jamais vu, à part à  la télé, dans quelques seconds rôles alimentaires que ses amis lui confiaient. Une tronche de chef de gare dans la lune, blouse grise de comptable… On raconte que, certains soirs, en première partie, il rendait la seconde difficile à son ami Georges.
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Le second, je l’ai rencontré. Physiquement, rien à voir avec le précédent, mais la même truculence, la même ironie, la même tendresse et le même appétit de vie…

Les deux ne se sont jamais rencontrés, mais il arrive au second de chanter des chansons écrites par le premier et le premier ne le sait pas. « En l’écoutant pour la première fois, j’ai eu la sensation étrange de rencontrer un oncle dont on m’aurait tu l’existence : ses vers de mirliton, naïfs et malicieux, m’étaient si familiers ! » dit le second en parlant du premier. Et c’est vrai que les deux ont en commun l’amour du mot. Qui mieux qu’eux saura faire rimer « java bleue » avec « lamentable » ou asseoir côte à côte sur un même vers « Jude, Carole, Suzanne et… Félicie aussi » ?

Marrant, non ?

Christian Lassalle

albatros dans Des paroles...







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