Où vont les fleurs ?
3 08 2014Pete Seeger a cassé sa pipe en février.
Ce n’était pas celle de Brassens.
Au contraire!
Seeger, chanteur engagé.
Brassens, chanteur désengagé… du jeu social ( « Quand on est plus de quatre, on n’est qu’une bande de cons! »).
Comme le « polisson de la chanson », il ne mâchait pas ses mots. 94 balais et quelques poussières (de quoi complaire aux balais!). Une belle vie bien remplie pour déplaire aux gros cons, aux vulgaires amateurs de pétards et de dollars (rime riche?), aux nuisibles enkukluxklanés, aux encoennés du libéralisme…
J’en passe et des pires!
Restent ses chansons et l’envie d’en écrire des comme.

Pete avait la politesse de l’humilité: il savait rendre hommage aux « song makers » inconnus et indispensables l’ayant précédé. Il a collaboré avec les plus grands: Woodie Guthrie, Malvina Reynolds, Leadbelly… C’était d’ailleurs un trait d’union (Trade Union?) vivant entre Guthrie et Bruce Springteen – qui lui rendit la monnaie de sa pièce, en 2006 (We shall overcome: the Seeger Sessions ). Normal pour un patron!
Inscrit au PC américain (on ne rit pas!) dans les années 50, 60, il a été couché sur la liste noire de cet enfoiré de Mac Carthy. Ah! Si j’avais un marteau! Sans doute serais-je moins cloche a dû se dire Clo-Clo. Mais, contrairement à notre François national, lui on l’a privé de petite boîte (à image) la quasi totalité de sa carrière: tintin pour la TV, mec! Normal ce passage au noir quand on est ami avec Martin Luther King! L’autre flingué du système.
Tout le monde devrait s’appeler Seeger!
Affirmatif!
En tout cas, on aurait aimé qu’il nous mît en boîte (comme Graeme Allwright) pour faire bonne mesure. Pour l’instant, c’est lui qui Yeah! La camarde fait assez bien ce (sale) boulot…
Seeger est notre Père à tous (alléluia!): nous autres qui kiffons grave la chanson contestataire, celle qui sème des fleurs dans les trous du pif de la mort. Celle qui rend moins con après écoute. Celle qui donne envie de lâcher le litron pour empoigner la gratte ou le banjo (Seeger, tiens, à c’propos, a écrit une méthode pour faire bander Jo!) – et pourquoi pas l’harmonica (l’arme aux nicas) – pour faire des bras d’honneur à la mondialisation, à la phynance qui rançonne, aux media qui décervellent, aux exploiteurs de tous poils qui nous cherchent des poux dans la tonsure…
Le pote de Pete, Woodie Guthrie, avait écrit, en 43, sur sa six cordes: this machine kills fascists. Qui reprendra le manche avant de cogner? Allez les jeunes! On attend la relève, nous autres les soixante-huitards accros à la Révolution (pacifique, de préférence)! On a l’impression qu’elle tarde à venir!
Pete est l’exemple à suivre. Il a fait son marché dans les rayons de la musique traditionnelle américaine, mais aussi dans ceux de la musique du monde (Guantanamera en 66, 10 ans avant Julio Iglesias!). Il refusait les royalties de ses emprunts mais ne ramassait ses droits qu’après en avoir reversé une bonne part aux associations antiségrégationnistes.

Non, vraiment: pas de raccourci pour la liberté comme le chante Pete dans « My rainbowrace »!
Toi, tu as pris la liberté d’aller faire un bœuf au-delà des nuages. De guerre las. La Paix soit avec toi, camarade devenu militant écolo, conscient que l’espèce humaine a 50% de se tirer vivante du XXIème balbutiant (ou crépitant).
We shall overcome, Pete!
Some day.
Soon?
Michel Lamart








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