Eté : participe passé du verbe être, mais néanmoins présent !

2082014

L’été. Le ciel, le soleil, la mer. La plage.
J’avais dessiné son doux visage.
Ah, quel été, quel été, qu’elle était moche.
Il fait beau. Allons au devant de la vie. Coquillages et crustacés.

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14 juillet. Mon lit douillet.
Un petit cabanon. On fait une petite belote. Un pastis bien frais, c’est si doux quand ça glisse. Une partie de pétanque.
Je fais du tandem, c’est bon pour l’hygiène.
Ah ! Les voilà, nos beaux Tours de France.
Enfant de la montagne j’y retourne.
A la mi-août, c’est beaucoup plus romantique.
Elle a les joues et le front halés. Elle descend de la montagne à cheval.
Allons à la campagne. Dans le Loir et Cher. Sur l’autoroute des vacances.
O Toulouse, Nantes, Rock Amadour et la banlieue de Saint-Paul-de-Vence.
Ma Bretagne quand elle pleut.

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Sous notre tente, quand on est bien blotti.
Quand la mer monte.
Ah, qu’il est doux le plaisir de la pêche. Aimez-vous les moules marinières.
C’est ma première merguez-partie.
Voyage, voyage.
Je rêve au fil de l’eau.
C’est l’heure où les bourdons cessent de bourdonner.
Moi, je suis couché sur le dos, dans mon hamac.

http://www.dailymotion.com/video/x48zhq

Mon vieux copain, la vie est douce, vivons comme vivent les fleurs,
Ne pas en fiche une secousse, c’est le vrai secret du bonheur.
O paresse, mère des arts et des nobles vertus,
Sois le baume des angoisses humaines !

Jean-François Capitaine

 

 




Petit poisson deviendra grand

6012014

Depuis son origine, le tremplin annuel de Reims Oreille reste une  soirée particulière, mais qui, surtout, n’a jamais déçu.  On ne répétera jamais assez l’existence dans notre sphère chansonnière et francophone du nombre incroyable de talents aussi divers que variés. Talents pas forcément universels ou grandioses mais simplement authentiques, sincères et de qualité, ce qui est déjà plus que mieux.

Cette année encore, le choix a été difficile pour désigner les finalistes, comme il sera sûrement délicat pour distinguer parmi eux le lauréat 2014. Mais peut être qu’importe. Vainqueurs ou vaincus, sélectionnés ou pas, tous ces chanteurs, chanteuses, on les aime. Et même si l’esprit critique n’a pas vocation à s’endormir, il ne nuit en rien au respect.

Pas d‘empereurs chez nous qui s’amusent avec leur pouce, de spectateurs qui, du bas de leur chaise s’ingénient à jouer les procureurs impavides. D’autant mieux qu’à ce petit jeu on risque de virer un jour ridicule, à l’image de tous ces critiques professionnels, messieurs imbus, plus attachés à leurs critiques qu’à ce qu’ils critiquent, au point d’écrire parfois de grosses énormités parfois démenties par l’arrogance de l’avenir.

Et encore, délicat comme je peux l’être, je passerai sous silence tous ces silences (peut-être pires qu’une mauvaise critique) qui ont accompagné l’activité de nombre d’artistes dont Roger Riffard, quatre-vingt-neuf ans cette année, pourrait être le porte-chant.

Plus rassurant : une phrase arrive à ma lecture, tirée d’un entretien avec un grand cuisinier et philosophe :

« Une excellente sardine est préférable à un homard médiocre »

Moralité, conclusion, conseil : n’hésitez pas !

Venez applaudir nos (encore) petites mais excellentes sardines…

 

 




Un homme qui dit

3082014

Ces lignes d’Annie Ernaux, extraites de son livre Les années, dans un passage où elle évoque la deuxième moitié des années 50 : « On était avide de jazz et de negro spirituals, de rock’n roll. Tout ce qui se chantait en anglais était nimbé d’une mystérieuse beauté. Dream, love, heart, des mots purs, sans usage pratique, qui donnaient le sentiment d’un au-delà. Dans le secret de la chambre, on se faisait une orgie du même disque, c’était comme une drogue qui emportait la tête, éclatait le corps, ouvrait devant soi un autre monde de violence et d’amour – se confondant avec la surboum où il tardait tant d’avoir le droit d’aller. Elvis Presley, Bill Haley, Armstrong, les Platters incarnaient la modernité, l’avenir, et c’était pour nous, les jeunes, et nous seuls qu’ils chantaient, laissant derrière les vieux goûts des parents et l’ignorance des péquenots, Le pays du sourire, André Claveau et Line Renaud. On se sentait appartenir à un cercle d’initiés. Cependant Les amants d’un jour donnaient la chair de poule. » Serait-il possible que les jeunes qui choisissent aujourd’hui de chanter en anglais le fassent pour d’autres raisons que le seul conformisme ? Serait-il possible qu’ils soient eux aussi touchés par « cette mystérieuse beauté » des mots en anglais donnant « le sentiment d’un au-delà » ? Certes, les choses ont largement évolué depuis les années 50 : l’Amérique a perdu une grande partie de son mystère et l’au-delà qu’elle représentait dans les imaginaires s’est depuis transformé en simple ailleurs. Mais je comprends le plaisir qu’on peut ressentir à chanter des mots « purs, sans usage pratique » ; plaisir qui participe également du mien à les entendre. Si la chanson répond à mon besoin de sens, le rock en anglais répond lui à autre chose : sa réception et sa compréhension se font autrement et ailleurs, sans jamais nuire à mon attrait pour la chanson, tant les deux se complètent et se répondent. D’ailleurs, est-on bien sûr que le sens d’une chanson en anglais soit moins obscure à l’auditeur non bilingue que le texte d’une chanson comme La mémoire et la mer ? Les mécanismes par lesquels se transmet l’émotion ne sont-ils pas dans les deux cas semblables ? Ne sont-ils pas des moyens comparables d’embarquement de l’auditeur vers l’au-delà des mots ? Quoi qu’il en soit le conformisme existe, c’est indéniable et il serait idiot de le nier. Mais il me semble un argument trop court et trop systématique pour expliquer le goût de certains jeunes pour le chant en anglais. Comme si l’on expliquait le choix de ceux qui se tournent vers la chanson française « à texte » par leur seul attrait pour la marge.

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*

Toujours Annie Ernaux, extrait cette fois de son livre La vie extérieure : « Les chansons transforment la vie en roman. Elles rendent belles et lointaines les choses qu’on a vécues. C’est de cette beauté que vient plus tard la douleur de les entendre. » Charmes et sortilèges de la transposition des sentiments ; les chansons et leur beauté peuvent être redoutables !

*

Je garde une certaine distance vis-à-vis des termes « écrivain », « poète » ou « artiste ». C’est que ces mots éveillent en moi de la méfiance. Je les trouve chargés de trop de choses, de trop de représentations et d’attentes qui peuvent facilement pousser celui qui s’en réclame à la mise en scène de soi et à la posture. J’ai toujours eu du mal avec les écrivains trop écrivains, les poètes trop poètes, les artistes trop artistes qui paraissent ne jamais se départir de leur art, et dont chaque parole ou chaque geste semble devoir montrer à quel point ils sont habités par celui-ci. Fiers de se sentir à part, rompus à la mystification, ils sont toujours prompts à s’exposer et à faire étalage de leur « artisticaillerie », cette sorte de quincaillerie artistique faite d’attitudes, de promotion de soi et de représentations qu’ils me donnent l’impression de charrier en permanence (l’ego n’en est d’ailleurs pas forcément l’unique responsable : ces représentations sont largement alimentées par le public, qui a le plus souvent une vision déformée de l’artiste ; vision chargée de son besoin d’admiration et pouvant donner aux artistes le sentiment que ces postures sont aussi ce qu’on attend d’eux). Même lorsque les choses ne sont pas aussi marquées, la posture aussi caricaturale, l’adoption pour soi de ces mots pousse rarement vers plus de naturel et de simplicité. Il n’est pas anodin de se vivre en poète ou en artiste ; ce à quoi on peut opposer le fameux propos de Félix Leclerc, qui ne se définissait non pas comme un chanteur mais comme « un homme qui chante ».

Finalement, on peut adopter deux attitudes vis-à-vis de ces termes : celle qui consiste à garder ses distance, ou celle qui incite à se les réapproprier afin de leur redonner leur sens – certains choisissant d’ailleurs naturellement la seconde, sans forcément en avoir conscience mais en se contentant d’être eux-mêmes.

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*

Je me souviens cette édition des Rencontres Marc Robine, festival chanson organisé à l’époque à Saint-Bonnet-près-Riom, où étaient programmés Hélène Maurice, Gérard Pierron et Bernard Meulien dans leur spectacle Le discours du traîneux. Une exposition sur Couté était organisée sur le lieu même du festival, dont Pierron et Meulien avaient assuré une visite commentée l’après-midi de la représentation. Je me souviens en particulier la flamme avec laquelle Meulien parlait du gars de Meung et de ses textes, la passion qu’exsudait son propos, et les larmes qui perlaient à ses yeux au moment d’en improviser un extrait. Combien ces larmes et cette émotion m’avaient touché ! Combien elles témoignaient, spontanément, sans fard, du lien profond qui liait l’interprète à ses textes et à leur auteur ! Ce sont les mêmes larmes qu’on avait pu deviner, le soir, à certains moments du spectacle, elles qui venaient encore témoigner de la force de ce lien. Meulien semblait ainsi fait pour être le messager de cette écriture moderne, vivante et ciselée, tendre et mordante. L’insolence, l’humour, la beauté des textes de Couté lui collaient à la peau, il les transpirait sur scène, au chant, comme les « pésans » qu’ils racontaient transpiraient aux champs. C’est non seulement par sa voix mais par son corps tout entier que passait la langue du poète ; l’interprète traversait les mots qui semblaient le traverser à leur tour, comme si l’homme et les mots se nourrissaient mutuellement. Et ce patois, ce parler collant si bien à sa gueule du terroir, cet accent de sueur et de labour, cette mélodie des r qu’on roule comme on roulerait des pelles au vocabulaire et qui font gronder la phrase comme un éboulis pierreux : l’adhésion semblait totale entre les textes et leur interprète, tant ceux-ci paraissaient l’habiter de leur souffle et le prendre aux tripes. Tout était si naturel, authentique et sincère ! Il y avait quelque chose d’évident à voir cet homme-là dire ces choses-là, et je ressentais comme un privilège d’être le témoin de cette rencontre.

*

J’imagine que Meulien se contrefout d’être ou non considéré comme un artiste, mais voilà bien quelqu’un qui redonne au terme toute sa noblesse, sa profondeur et son sens par la simple expression de son art. Un art dépouillé, sans posture et dont la simplicité touche à l’essentiel. Un art qui m’a donné ce soir-là l’impression de vivre un moment rare et précieux – un de ces moments qui font du bien, dont on se souvient et qui donnent envie de dire merci.

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Cyril C.Sarot

 

 




Où vont les fleurs ?

3082014

Pete Seeger a cassé sa pipe en février.
Ce n’était pas celle de Brassens.
Au contraire!
Seeger, chanteur engagé.
Brassens, chanteur désengagé… du jeu social ( « Quand on est plus de quatre, on n’est qu’une bande de cons! »).
Comme le « polisson de la chanson », il ne mâchait pas ses mots. 94 balais et quelques poussières (de quoi complaire aux balais!). Une belle vie bien remplie pour déplaire aux gros cons, aux vulgaires amateurs de pétards et de dollars (rime riche?), aux nuisibles enkukluxklanés, aux encoennés du libéralisme…
J’en passe et des pires!
Restent ses chansons et l’envie d’en écrire des comme.

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Pete avait la politesse de l’humilité: il savait rendre hommage aux « song makers » inconnus et indispensables l’ayant précédé. Il a collaboré avec les plus grands: Woodie Guthrie, Malvina Reynolds, Leadbelly… C’était d’ailleurs un trait d’union (Trade Union?) vivant entre Guthrie et Bruce Springteen – qui lui rendit la monnaie de sa pièce, en 2006 (We shall overcome: the Seeger Sessions ). Normal pour un patron!
Inscrit au PC américain (on ne rit pas!) dans les années 50, 60, il a été couché sur la liste noire de cet enfoiré de Mac Carthy. Ah! Si j’avais un marteau! Sans doute serais-je moins cloche a dû se dire Clo-Clo. Mais, contrairement à notre François national, lui on l’a privé de petite boîte (à image) la quasi totalité de sa carrière: tintin pour la TV, mec! Normal ce passage au noir quand on est ami avec Martin Luther King! L’autre flingué du système.
Tout le monde devrait s’appeler Seeger!
Affirmatif!

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En tout cas, on aurait aimé qu’il nous mît en boîte (comme Graeme Allwright) pour faire bonne mesure. Pour l’instant, c’est lui qui Yeah! La camarde fait assez bien ce (sale) boulot…Image de prévisualisation YouTube
Seeger est notre Père à tous (alléluia!): nous autres qui kiffons grave la chanson contestataire, celle qui sème des fleurs dans les trous du pif de la mort. Celle qui rend moins con après écoute. Celle qui donne envie de lâcher le litron pour empoigner la gratte ou le banjo (Seeger, tiens, à c’propos, a écrit une méthode pour faire bander Jo!) – et pourquoi pas l’harmonica (l’arme aux nicas) – pour faire des bras d’honneur à la mondialisation, à la phynance qui rançonne, aux media qui décervellent, aux exploiteurs de tous poils qui nous cherchent des poux dans la tonsure…
Le pote de Pete, Woodie Guthrie, avait écrit, en 43, sur sa six cordes: this machine kills fascists. Qui reprendra le manche avant de cogner? Allez les jeunes! On attend la relève, nous autres les soixante-huitards accros à la Révolution (pacifique, de préférence)! On a l’impression qu’elle tarde à venir!
Pete est l’exemple à suivre. Il a fait son marché dans les rayons de la musique traditionnelle américaine, mais aussi dans ceux de la musique du monde (Guantanamera en 66, 10 ans avant Julio Iglesias!). Il refusait les royalties de ses emprunts mais ne ramassait ses droits qu’après en avoir reversé une bonne part aux associations antiségrégationnistes.

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Non, vraiment: pas de raccourci pour la liberté comme le chante Pete dans « My rainbowrace »!
Toi, tu as pris la liberté d’aller faire un bœuf au-delà des nuages. De guerre las. La Paix soit avec toi, camarade devenu militant écolo, conscient que l’espèce humaine a 50% de se tirer vivante du XXIème balbutiant (ou crépitant).
We shall overcome, Pete!
Some day.
Soon?

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Michel Lamart




Marie Laforêt (1940)

2042014

Actrice, comédienne, chanteuse interprète sans lunettes

Viens avec moi viens /Viens Viens Sur la Montagne / Là-haut il fait si bon

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Bien qu’élevée au sein des pins girondins, il ne faudrait pas que les célèbres yeux verts de la dame cachent la forêt de son talent singulier. Un talent dont l’expression va se dessiner un peu par hasard.  Tentée à un moment par le couvent, une sœur, la sienne, l’emmène dans un concours de théâtre qui la fait remarquer. Finalement, c’est René toujours Clément qui l’embauche pour « Plein soleil ». Partenaires : Delon et Ronet qu’elle juge et réciproquement, l’un méprisant, l’autre prétentieux et  les deux, deux beaux trous du cul. On peut avoir des yeux et voir clair.

Maitena Doumenach, devient Marie Laforêt  t actrice. Le film « La fille aux yeux d’or » d’Albicoco  fait sa réputation et une marque de fabrique qui fera les délices des photographes en quête de regard.

C’est à l’occasion d’un film « Saint Tropez Blues » accompagnée pour l’occasion par un jeune acteur et guitariste nommé Higelin, qu’elle commence à chanter sur un air de Crolla. Les curieux peuvent apprécier sur Dailymotion les progrès qu’il lui restait à faire.

Plus convaincante, en 1963, elle enregistre un 45 tours qui comprend Les vendanges de l’amour qui d’emblée, s’imposent en plein été.

Et le soleil du bel âge / Brillera après l’orage / Un beau matin pour sécher nos pleurs

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Son premier 33 tours est un régal. Loin des poncifs et des courants du moment, Marie Laforêt se choisit un répertoire de variétés pas honteuses, mises en valeur par sa voix particulière, souvent définie comme cristalline, fluide  et cuivrée.

S’ensuivent quelques bons choix souvent tirés du répertoire  international : Katy cruelle et la Bague au doigt en 1965, Marie-douceur, Marie-colère, Manchester et Liverpool et la Voix du silence, en 1966. En 1967, Ivan, Boris et moi fut un succès populaire ainsi que Mon amour, mon ami. Fin 1968, Marie Laforêt revint en force dans les hit-parades grâce au gros tube (mille excuses pour les gros mots) : Que calor la vida.

Car Marie aime tremper son alimentation dans les langues étrangères. La tradition l’attire et d’Israël au  Brésil, salade Russe et Macédoine sont au menu d’une tournée mondiale qu’elle effectue en 1979-1970.

Après quelques années de tournées, elle se consacre essentiellement au(x) disque(s)

Période marquée par : Viens, viens en 1973, Cadeau en 1974 et Il a neigé sur Yesterday en 1977, chanson-hommage aux Beatles.

Il a neigé sur Yesterday le soir où ils se sont quittés / Le brouillard sur la mer s’est endormi et Yellow Submarine fut englouti

http://www.dailymotion.com/video/x1jt14

Après un détour par la littérature, une galerie d’art, quelques rôles au cinéma et quelques recettes de cuisine à base de carottes, elle revient en 1993 avec un album dont elle signe tous les textes, se dévoilant auteur sensible

Je t’ai donné mes bouquets d’asphodèles
Mes étangs, mes blés et mes bois
Tout mon passé s’envole et tire l’aile

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Avant d’interpréter Maria Callas dans sa « Master Class », Francis Carco la ramène sur les planches pour faire la Caille dans le Jésus du même nom.

En septembre 2005, aux Bouffes Parisiens, pour son premier tour de chant depuis 1972, c’est un retour fortement demandé et un égrenage de succès : le spectacle se joue à guichets fermés et s’applaudit à mains ouvertes.

Femme lucide, Marie est depuis repartie sur sa montagne nous laissant quelques grains de raisin et des raisons d’aller voir les arbres qui pleurent au cœur de l’automne.

S’il n’y avait ce vieux piano de temps en temps à la radio / Sur une affiche déchirée, un peu de ton nom effacé

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 Jean-François Capitaine

 




Rondement

2042014

En inféconde recherche d’un thème pour ce Square de printemps je me demandais si, à force de saisons, on ne finissait pas par tourner en rond ? S’agissant d’une rubrique autour de la chanson, l’affirmative de facto s’impose.

D’ailleurs, à la réflexion, tout plus ou moins tourne.

La Terre et nous tous avec elle autour d’un versatile soleil, les horloges, les violons, la clé, la route, la chance et en toutes nos affaires le fréquent regret de ne pas les voir tourner plus rond. Tout tourne plus ou moins vite, les slalomeurs et les danseuses, les modes, les vestes et les talons. Tournent encore, plus ou moins court, les rêves, les illusions, les boomerangs, les fins de mois mal arrondies, et « les révolutions sur elles-mêmes » – selon la crainte de Claude Semal -, d’une utopie anagramme de toupie.

Nous voilà revenus à la chanson, qui elle aussi tourne, du vieux vinyle au laser, en boucle dans les têtes et les lecteurs, de chorus en coda sur éternellement les mêmes thèmes.

Tout ainsi tourne, rondement parfois, une pierre roulée, une roue à aube, une chanson de Julien Clerc quand elle choisit son auteur dans la sphère des beaux rouleurs de stylo à bille.

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Marc Servera




Les rescapés du fond du seau

2042014

Écrire nécessite de la plume, bien sûr. Mais aussi de l’oreille. En prose également, le rythme est primordial au signifiant. C’est de l’écoulement des mots et de l’harmonie des phrases que naîtra la beauté d’un texte. Plus il sera musiqué, plus il aura de consistance. Et plus il pourra, grâce à sa musique, par sa musique, aller au-delà des mots, dépasser leurs limites, agir sur les imaginaires, convoquer la poésie pour dire ce que les mots seuls ne suffisent pas toujours à dire. C’est cette alliance du sens et du son qui fait alors l’écriture. Tout comme elle fait la chanson.

*

De Flaubert : « Quelle chienne de chose que la prose ! Ça n’est jamais fini ; il y a toujours à refaire. Je crois pourtant qu’on peut lui donner la consistance du vers. Une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore. »

*

Et si toute phrase était un peu chanson ?

*

Il y a des mots que je trouve beaux esthétiquement, pour des questions de pure sonorité. Aruspice, anachorète, coquecigrue, picrocholine, épithalame. Il y en a d’autres que je trouve beaux pour leur signification, ce qu’ils évoquent, ce qu’ils contiennent de perspective, d’élargissement, de vibration, pour leurs résonances et les horizons qu’ils ouvrent.

Ainsi le mot rupture est magnifique !

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Il y a différentes manières d’envisager l’engagement en chanson. On peut espérer une chanson militante, contestataire, frontale, une chanson combattante et ostentatoire, vindicative et gueularde, chantée poing levé et rage aux lèvres. On peut aussi considérer que c’est avant tout dans la façon d’habiter sa pratique, le rapport à son intériorité, l’écoute et le respect de soi, le rejet des postures, la volonté de suivre son chemin en échappant aux normes et aux conventions, la persistance à faire les choses pour leur intérêt en elles-mêmes et leur valeur profonde, en dehors de toute justification extérieure, avec l’exigence et l’authenticité qu’elles méritent et réclament, que se situe l’engagement (ce qui n’interdit pas de pousser un coup de gueule – encore heureux ! – et de hurler comme il se doit face à l’absurdité et aux impostures de l’époque). Une façon plus intime et souterraine de marquer sa rupture ; mais aussi d’échapper aux manières convenues du genre et à la bien-pensance contestataire qui trop souvent en découle.

*

« Le premier site de la chanson d’expression française » se sent légitime à s’afficher comme tel par rapport à son nombre de lecteurs. Comme répondu par son tenancier à l’un de ses contradicteurs : « NosEnchanteurs est effectivement le premier site de la chanson d’expression française : il suffit de constater son lectorat (le compteur est tout en bas de la page d’accueil, va voir et compare d’un jour à l’autre s’il a bougé). » Bien. Mais si l’on applique la même logique à la chanson en général, en se rapportant cette fois au nombre de disques vendus ou aux droits d’auteurs générés, on peut alors considérer que le show-biz en constitue le réservoir le plus fécond, que Didier Barbelivien représente sans conteste « le premier auteur-compositeur de la chanson d’expression française » et que tous les artistes dont il est question sur le site, en regard de leur maigre public et de leurs chiffres de ventes anémiés, ne sont que faire-valoir et quantité négligeable !

C’est bien là le piège des logiques quantitatives et comptables. Elles sont consubstantielles à l’industrie culturelle et à son commerce. Celle-là même que le site critique si souvent. Dommage d’adopter les raisonnements de ceux à qui l’on s’oppose.

*

Si j’en parle, c’est que ces logiques peuvent être pesantes. Elles constituent, par leur omniprésence, une sorte de climat oppressant, dans lequel on baigne constamment, et qui, pour peu qu’un travail de qualité recueille malgré tout une faible audience, peut être douloureux. Ce règne du quantitatif crée un environnement où une pratique artistique ne semble trouver de sens et de justifications que dans l’accumulation – du public, des louanges, du succès, des honneurs. En comparaisons des chiffres qu’on nous jette sans cesse à la figure, on peut vite avoir l’impression d’être inutile et de n’intéresser personne. D’où un sentiment de culpabilité mâtiné de honte, dont il peut être compliqué de se défaire ; même si, au fond de soi, on sait que ce qu’on fait est légitime – et que c’est justement de ces profondeurs que vient sa raison d’être.

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Relevé sur le net, Yves Jamait évoquant Anne Sylvestre : « Quand je l’ai invitée la première fois au Zénith de Dijon, elle faisait son “jubilé”, et j’ai croisé Jean-Michel Boris [ancien directeur de l’Olympia], qui m’a dit : “Anne Sylvestre, cinquante ans de jubilé et même pas une victoire [de la musique] ! Une honte !” C’est ce que je ressens profondément ! »

http://www.dailymotion.com/video/x86ugg

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On peut rapprocher ce propos de ceux entendus chez certains amateurs de chanson, qui considèrent que les médias ou les grandes enseignes de diffusion de la culture sont des incapables, des bonimenteurs de bas étage, des aveugles incultes, une honte faite à l’intelligence et à la culture… et qui regrettent pourtant de ne pas y trouver leurs chanteurs favoris ! Qu’on pense aux marchands du temple ou au pire du pire du médiatique et du show-biz, voir tremper ses artistes préférés dans cette soupe indigeste et grasse est quand même un drôle de souhait pour ceux qu’on aime. Un peu comme constater qu’un seau est rempli de merde et ne souhaiter qu’une chose : les voir plonger dedans !

*

D’Erik Satie : « Il ne suffit pas de refuser la Légion d’Honneur ; encore faut-il ne pas la mériter. » La sentence me semble applicable aux Victoires. Autant les éviter à ceux qui nous font l’honneur de ne pas les mériter.

Cyril C.Sarot

 

 




Tremplin Réussi

2042014

C’était notre 5ème Tremplin. Encore une soirée bien sympathique au sens fort et noble du terme. La chose n’a d’ailleurs pas échappé à certains chroniqueurs qui nous donnent ici l’occasion de les remercier. Pour sa deuxième année « le Genouillac libéré », (dans la Creuse) nous consacre une colonne : « … Cré Dieu, core une fois, les Rinçois nous ont donné une sapré soirée avec leur temps plein et leurs quatre garcettes qu’a chantaient à faire détirebouchonner la queue de nos cochons… » Et si « El Mundo » et « Il Piccolo » ne nous ont livré que des brèves : « Hermosa noche » et « Bella serata », plus surprenant le « Russki Journal » n’hésitait pas à écrire : « что прекрасный вечер, что 3Ta вечер организован Реймс ухо  красивые певцы дружелюбны общественного»(pour info , pеймс ухо : ça veut dire Reims Oreille).

Mieux encore « L’écho de Kyoto » commentait : « 耳を洗浄することによっ て組織   さ美しい夕 karine zarkaべその美しいものを夕方.美し flo zinkい歌手に 優しい公共口の marianne masson中を洗浄してくれて K !ありがとうK !  »

Il en est d’entre nous qui pensent que c’est trop. Un peu surestimé, un peu surévalué. Peut-être. En attendant, pourquoi se faire des soucis et cracher dans la vodka ? Prenons appui sur ces aides précieuses pour oser dire à tous ces  dfgghjk qui boudent encore nos spectacles  :
B »NAOLMD%

C’est un peu dur certes, mais il faut parfois ne pas avoir peur d’énoncer certaines vérités.

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K! – « Entre mes Jambes »

Jean-François Capitaine

 

 




Guillo en 20 questions et autant de réponses !

26022014

1. Qu’est-ce qui te fait chanter ?

Un besoin vital, une envie, une force tombée un jour par hasard dans ma vie…ou pas ? 

 

2. Qu’est-ce qui te fait écrire ?

L’amour des mots, l’amour des autres, la forme et le fond.

Et une certaine prétention à vouloir communiquer mes sensations, mes émotions aux êtres humains que je croise.

 

3. Qu’est ce qui te pousse à monter sur scène ?

Enfant, j’habitais un logement de fonction au dessus d’une école maternelle. Le bâtiment était situé en plein milieu d’une cité HLM de la banlieue nord, à Gonesse. Nous étions le « centre du monde », encerclés par par ces immeubles dont nous avions, nous aussi, une position dominante : je me dis parfois que je vais chercher sur scène ces images de l’enfance qui furent mon quotidien, mon paysage pendant 16 ans. En bref, du bon gros narcissisme et rien de plus !

 

4. Y a-t-il une chanson de toi que tu préfères à toutes les autres ?

J’ai une tendresse particulière pour Si j’étais Marty McFly, qui a l’avantage de bien me présenter. Elle un côté intemporel et c’est la seule chanson que j’ai gardée à mon répertoire depuis près de 5 ans. Toutes les précédentes ont fini aux oubliettes. Ce titre a été comme une base, un pilier de ce qui est devenu mon album Super 8 : le temps, l’enfance, l’amour et le clin d’oeil aux années 80. 

 

5. Y en a-t-il une que tu regrettes ?

Non. Toutes les chansons, bonnes ou mauvaises y compris les textes avortés (j’en ai un paquet dans mes tiroirs) sont importantes. Souvent un bon titre est le résultat de plusieurs essais inachevés ou complètement ratés, de bouts de phrases jetés, d’un thème abordé trop maladroitement mais qui resurgira sous une autre forme un jour ou l’autre. 

 

6. Sur quelle chanson travailles-tu en ce moment ?

Je viens de terminer une musique pour le texte d’une amie rencontrée il y a quelques mois à Astaffort. La chanson s’appelle Citadine. 

 

7. Quelle chanson n’as-tu pas encore réussi à écrire ?

La prochaine.

 

8. Quel est ton mot favori ?

Phénomène. J’ai réussi à le placer dans un des titres de mon prochain album.

 

9. Quelle mélodie aurais-tu aimé composer?

Celle d’un film avec Pierre Richard. Le grand blond ou La chèvre. Un truc à la Vladimir Cosma quoi !

 

10. As-tu un « modèle » et qui est-il?

Je me sens proche de Claude Nougaro. Et de Francis Cabrel également. Pour leur œuvre et aussi pour leur art de vivre, leur philosophie de gars (presque) ordinaires, humains.

J’ai beaucoup lu sur ces deux là, j’ai tout écouté ou presque, en long en large et en travers. J’ai suivi le deuxième sur quelques dates de sa dernière tournée et on se croise encore de temps en temps, par le biais de son association Voix du Sud. Cet homme est exigeant, talentueux, riche, célèbre, respecté, mais reste malgré tout un « Monsieur tout le monde » qui a gardé contact avec la réalité. Discret, agréable et généreux.

Quant au premier, j’ai eu la chance de travailler, au début de ma carrière, avec un de ses batteurs et fils spirituels : Francis Lassus, qui m’a raconté Nougaro et m’a transmis, je me plais à le croire, un petit bout de lui. Mon grand regret est de n’avoir jamais vu le taureau sur scène. 

 

11. Qu’est-ce que tu aurais aimé être ?

Cuisinier.

 

12. Quand as-tu décidé de franchir le pas et la rampe ?

Le jour où on m’a demandé si je voulais chanter, en anglais et en français dans un groupe de rock, le Froggy Horror show. C’était en 96, à Pau. Premières compos, premières répétitions le jeudi soir à l’écart de la ville, dans des locaux qui étaient situés sur un domaine équestre !

Premières scènes aussi, et les cours à la FAC qu’on suivait de moins en moins chemin faisant…

 

13. Préfères-tu le disque ou la scène ?

La scène. On y rencontre plus de gens.

 

14. Quelle est la plus grande salle où tu as chanté ?

Le Zénith de Nantes en 2008, devant 6000 personnes venues applaudir Francis Cabrel…un souvenir impérissable.

 

15. Es-tu plutôt texte ou musique ?

Les deux. Même si j’aime bien fricoter de temps en temps avec d’autres artistes (Ceux qui se laissent faire)

 

16. Qu’est-ce qui te rend heureux ?

Un plat de Cannellonis aux épinards, du Rioja et des gens que j’aime.

 

17. Qu’est-ce qui te rend triste ?

La télévision, quand j’ai le malheur de croiser sa route chez des amis.

 

18. Quel est ton souhait le plus cher ?

Voir grandir mes enfants et partir tranquille à 99 ans, la veille de mon anniversaire.

 

19. Quelle est ta plus grande crainte ?

Partir brutalement avant 99 ans et ne pas voir grandir mes enfants.

 

20. Quel est ton rêve fou ?

Remplir un Zénith à moi tout seul ;-)  

 

 




Tremplin 2014 : Les finalistes…ses

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Ils étaient encore nombreux à vouloir venir chanter à Reims dans le cadre de notre tremplin Reims Oreille 2014. Il y avait beaucoup de talents, à des niveaux divers de maturité, dans ce lot de candidats. Il n’y avait rien à jeter, plein de choses agréables, sympathiques, prometteuses.

Mais… il n’y avait de place que pour quatre, quatre finalistes à trouver et non pas beaucoup d’autres à éliminer. Et on les a trouvés… ou plutôt trouvées !

Probablement que cela a tenu à pas grand-chose. A un soupir, à un accord (sûrement mineur en plus), à une bonne note au bon moment. A un mot, ni grand, ni gros, ni d’ordre, mais qui s’est donné à l’instant où on l’attendait.

Mais, au-delà de toutes ces incertitudes, ce qui est sûr, c’est que nos finalistes ne voleront pas nos applaudissements et qu’une fois encore, notre tremplin restera une soirée comme on les aime : de caractère, d’émotions, de découvertes, de convivialité, de générosité, de croque-monsieur.

Et cette année encore, pour la finale du 31 janvier 2014 au Flambeau, elles seront quatre… !

Flo Zink

Auteure, interprète et comédienne, Flo Zink fait partager sur scène son monde fantaisiste et poétique, nourri de voyages, de danses, de rencontres. Un regard amusé, parfois décalé sur les êtres que nous sommes, mais aussi tendre et sensible.

Ils ont dit : « Simplicité et décontraction apparentes, belle efficacité » – « Très fine écriture, belle voix »  – « Mélodies agréables, textes recherchés, poésie, humour »

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K!

Entre Fréhel et Nina Hagen, K! est une chanteuse réaliste et surréaliste, burlesque et tragique, qui donne de la voix et s’instrumente électro. Entre claque et caresse ! Et derrière la K-resse, K! K-jole et K-tapulte

Ils ont dit: « Une grande originalité dans la facture (bonne interprétation, textes intelligents, arrangements efficaces) Kurt Weill revu par Nina Hagen » – « Beaucoup de maturité, forte personnalité, très bonne mise en place musicale, donne envie de découvrir plus »

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Karine Zarka

Karine Zarka écrit des textes drôles, émouvants, percutants qu’elle interprète avec son corps et sa voix chaude. Elle chante, danse, nous fait voyager dans son univers balancé entre des intonations jazz, pop, rock dont on ne ressort pas indifférent.

Ils ont dit: « Une vraie chanteuse à la voix sure » – « mélodies variées, forte personnalité » – «  Très musique du monde ! Personnalité prenante, voix harmonieuse » – « J’aime beaucoup et j’aimerais bien la voir »

Marianne Masson

De la poésie, de l’humour et beaucoup d’émotions. Les chansons de Marianne Masson possèdent un charme et un parfum d’une fraîcheur et d’une légèreté qui font encore aimer la route de la vie.

Ils ont dit : « Mélodies entraînantes, textes intéressants, bonne orchestration » – « Une voix sûre et des potentialités, des rythmes variés,-musiques très agréables avec guitare, piano et flûte »

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